Culture Lecture

Un jardin au désert – Carine Fernandez

31 mai 2019
Avis livre un jardin au desert

Il y a quelques semaines, j’ai reçu un mail me proposant un voyage à la découverte du désert d’Arabie Saoudite à travers le dernier livre de Carine Fernandez, « Un jardin au désert ». Alors quand je lis « voyage », « désert » et « livre », forcément je suis piquée ! Je n’ai donc pas réfléchi longtemps et ai immédiatement accepté de recevoir le livre ! Quelques jours plus tard, il était à la maison, et moins de 48 heures plus tard, je l’avais déjà terminé !!!

Un jardin au desert Carine Fernandez

« Un jardin au désert » – Carine Fernandez

Dans les environs de Riyad, Talal Bahahmar est le patriarche excentrique d’une grande famille. Dans son immense palais, Mama Aicha, l’épouse qu’il n’a jamais pu se résoudre à répudier, ses fils, sa vieille mère malade, sa nouvelle femme, la jeune Loulwa, mais surtout Dahlia, sa petite-fille adorée se croisent.
Entre eux, l’entente est loin d’être au beau fixe. Mais lorsque Talal rencontre son jardinier, l’Égyptien Rezak, se noue entre les deux hommes une relation presque filiale qui va bousculer les certitudes du vieil homme. Serait-il temps d’expliquer à Dahlia les zones d’ombre qui planent sur son enfance ? Que répondre à son désir criant de liberté ?
Entre palmeraies et gratte-ciels, Carine Fernandez dessine une fresque sur quatre générations, celle des membres de la famille Bahahmar, liés par le sang, l’argent et le secret. Elle nous conte aussi une Arabie Saoudite en ébullition constante où les femmes frappent obstinément à la porte de l’indépendance.

Un livre superbement écrit

Comme d’habitude, je vais rompre le mystère immédiatement, j’ai aimé ce roman. Je l’ai dévoré en moins de 48 heures. L’écriture est vraiment superbe, imagée, à la limite de la poésie à certains moments. Il est impossible de nier le talent littéraire de Carine Fernandez ! J’ai aimé les changements de narrateurs. Parfois il est personne en particulier, omniscient, et nous relate de loin la fresque familiale des Bahahmar. Parfois c’est Rezak, le jardinier égyptien qui relate l’histoire. Parfois quelqu’un s’adresse à Dehlia, sûrement elle-même (en tout cas, c’est ainsi que je l’ai compris). C’est un parti pris risqué, car on peut perdre le lecteur. Mais je trouve qu’il permet de créer une promiscuité nécessaire avec certains personnages à certains moments clefs. Donc au niveau du style, à mon avis, c’est un sans-faute !

On suppose que l’histoire débute à la toute fin de 2010, puisque la première date évoquée est le 1er Janvier 2011. En parallèle des aventures de la famille Bahahmar, on suit en fil rouge la révolution Égyptienne, avec son lot d’espoirs et de désillusions. Ce parallèle apporte encore du réalisme au récit.

Carine Fernandez, l’auteur de ce roman, a longtemps vécu au moyen orient, notamment treize ans en Arabie Saoudite. Cela se sent particulièrement quand elle dépeint les paysages, le climat de manière extrêmement précise. De ce fait, il est très facile d’imaginer le décor du roman. Par ailleurs, elle use et abuse de mots en arabe dans le texte. Cela confère une certaine authenticité au récit. Néanmoins, j’imagine que pour des lecteurs n’ayant pas le moindre rudiment d’arabe, cela peut rendre la lecture compliquée. En effet, il n’y a ni lexique, ni notes de bas de page. Juste pour le test, savez-vous ce que signifie « Majnoun » ?

Un jardin au désert avis

Beaucoup d’incohérences dans « Un jardin au désert »

Néanmoins, ce livre n’est pas un coup de cœur… Malgré toutes ses qualités, il m’a déçue. Cela peut sembler paradoxal parce que j’ai aimé ce roman, mais il aurait pu être tellement mieux….

D’abord, parce qu’il comporte quelques incohérences dans le contexte et même dans l’histoire. Par exemple, une partie de l’histoire se passe en Août 2011. Peu après ce passage qui se déroule en Août 2011, le Ramadan débute. Hors, le Ramadan a débuté le 31 Juillet en 2011. Alors le début de Ramadan peut varier d’un pays à l’autre, mais seulement d’une journée ! Donc il s’agit bien d’une incohérence. J’ai aussi noté une erreur concernant la prière de Dohr. Dans le livre, on nous indique que cette prière comporte 5 rakats, ce qui est faux, puisqu’elle en comporte seulement quatre.

Mais il y a aussi une grosse incohérence au niveau de l’histoire. Au début du roman, on apprend qu’un des personnages a fait 1 an de prison. Sauf qu’à la fin du roman, sa peine est à nouveau évoquée et a été réduite à 6 mois !

Des personnages pas assez bien construits

J’ai parfois aussi regretté le côté un peu trop stéréotypés de certains personnages du roman : L’intégriste qui finance les terroristes, des saoudiennes capricieuses et superficielles, d’autres soumises, des hommes obsédés… Il est question d’infidélité, d’enlèvement d’enfant, de viol, de pédophilie, de consanguinité… la famille Bahahmar cumule pas mal de tares. Je suis persuadée qu’il existe des saoudiens meilleurs que ceux dépeints dans « Un jardin au désert ».

Je regrette cette surenchère, cela donne l’impression que le roman part un peu dans tous les sens… D’autant que certains personnages auraient vraiment mérités d’être plus développés afin de mieux les comprendre, notamment Khaled et Sylvia dont il est trop peu question. La relation entre Rezak et Talal est trop peu développée également. Ils s’aiment et se comprennent, mais on ne sait pas vraiment pourquoi !

Pour revenir à l’enlèvement d’enfant, je tenais à préciser un point. Dans notre société occidentale, il est de coutume que ce soit plutôt la mère qui ait la garde des enfants. Hors, dans la culture musulmane, c’est le père qui a la garde de l’enfant du moment que celui-ci dès que l’enfant atteint l’âge de 7 ans environ ou que la mère se remarie. Ce point-là est quand même abordé brièvement dans le livre. Mais ce qui n’a pas été dit clairement, c’est que du moment que les parents ne sont pas d’accord sur la garde de l’enfant et qu’ils vivent dans deux pays différents, l’enfant sera forcément enlevé à l’un de ses deux parents, la mère ou le père ! Je tenais vraiment à éclaircir ce point, un enfant peut être également enlevé à son père !

Mon avis sur « Un jardin au désert » en bref

« Un jardin au désert » est un livre vraiment bien écrit et très immersif. Tant immersif que l’on pourrait parfois le prendre pour un documentaire. Mais ce n’en est pas un, il s’agit d’un roman, d’une fiction. Il ne faut pas penser que ses personnages sont un échantillon parfait de la société saoudienne. Par ailleurs, il comporte quelques coquilles et je trouve certains personnages ou relations trop survolées.

 

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Avis un jardin au désert

 

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1 Comment

  • Reply PetitDiable 4 juin 2019 at 13 h 37 min

    Merci pour ton avis, je l’ajoute à ma PAL!

  • Leave a Reply

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